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Un printemps local

Offrir des bouquets à faible bilan carbone ? Le vrai chic du printemps tant la fleur locale inspire les nouveaux fleuristes. Enquête pour respirer et bouquets spécialement imaginés pour Le Point. PAR MARIE-CHRISTINE MOROSI

Après le slow food et le slow fashion, le slow flower trace ainsi son sillon pour un retour à la fleur fraîche, locale et de saison. Le phénomène a germé en Grande-Bretagne, avant de prendre racine en France. Au-delà d’initiatives isolées, le slow flower s’y est formalisé, il y a trois ans, avec la création du Collectif de la fleur française, une association de passionnés, qui fédère aujourd’hui 130 adhérents, tous signataires d’une charte de qualité pour la production, le négoce ou l’utilisation d’au moins 50 % de fleurs françaises. C’est un début. Cofondatrice et présidente du collectif, Hélène Taquet était loin d’imaginer que son amour des fleurs ferait d’elle la figure de proue d’un tel mouvement de sauvegarde. Journaliste spécialisée en immobilier, elle change de vie lorsqu’elle reprend l’exploitation de grandes cultures de ses parents dans le Nord. Elle en profite pour semer quelques arpents de fleurs, qu’elle récolte du bouton à la graine, destinées à Popfleurs, son atelier d’art floral fondé en 2014. Très vite, ses élèves lui font part de leurs difficultés à trouver des hellébores et des dahlias cultivés en France, comme les siens. Elle constate qu’en dehors d’un marché bien bordé par les Pays-Bas la plupart des producteurs tricolores qui n’ont pas déjà baissé le rideau vivotent. Pour la floricultrice, qui s’avoue peu soutenue par les fédérations agricoles de son domaine d’activité, le parcours s’annonce semé d’épines. Mais que va-t-elle chercher aussi ? Il est si simple de se contenter de gerberas formatés, de jacinthes poussées trop vite et de mimosas qui n’ont jamais vu le soleil. Mais Hélène préfère jouer avec le lierre, le forsythia, les narcisses, les corolles du cognassier du Japon et les chatons d’un peuplier d’Italie de son jardin. Arrive le tour de la tulipe, de l’anémone, des renoncules et de la cérinthe au feuillage violacé, méconnue et pourtant si rustique. Par des contacts patiemment noués, elle voit sa persévérance récompensée. Pour sa nouvelle boutique Fresh and Flowers dans le Marais, la marque britannique de cosmétiques Lush lui achète sa production, et la Mairie de Paris vient de l’approcher pour ses projets de fermes florales parisiennes…

 

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